Rappel : Les taux d'intérêts directeurs sont des taux gérés par les Banques Centrales. Ces mêmes Banques Centrales prêtent, en cas de besoin de liquidités, aux banques commerciales (type BNP, Société Générale). Les taux directeurs mesurent donc le coût de refinancement pour les banques commerciales. Le but d'une hausse des taux est bien souvent de calmer l'accord de crédits par les banques commerciales en alourdissant leur charge de refinancement.

En tant que véritable régulateur du prix du crédit, la hausse ou la baisse de ces taux va avoir des impacts conséquents (notre modèle économique est aujourd'hui basé sur le crédit). Ces impacts vont se transmettre à l'économie et aux marchés financiers à travers plusieurs canaux de transmission.

Voici donc les principaux effets économiques et financiers d'une hausse des taux directeurs.

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- Canal des ménages et entreprises
En ce qui concerne les ménages, avec des taux d'intérêts élevés, la tendance va se diriger vers l'épargne. Des taux attractifs, plus rémunérateurs, vont prendre le dessus sur le consommation.
Concernant les ménages qui ont contracté des emprunts à taux variables, ils vont voir leurs charges de remboursement augmenter, donc leur revenus disponible chuter.

Du côté des entreprises, la hausse des taux va avoir des effets négatifs sur l'investissement. Une hausse des taux directeurs signifie que le crédit est plus cher. Les entreprises, comme les ménages, préféreront placer leur argent que d'emprunter pour investir.

A travers ce canal, l'investissement des entreprises va se réduire, tout comme la consommation des ménages. Or, ces deux notions sont deux composantes de la croissance économique.


- Canal des taux de change
Une hausse des taux va attirer des capitaux étrangers, puisque les placements seront plus rémunérateurs. L'arrivée massive de capitaux étrangers dans le circuit national va avoir pour conséquence d'élever le taux de change de la monnaie nationale. Celle-ci est plus recherchée, plus sollicitée. Cette demande forte va augmenter la valeur de la monnaie. De ce fait, les exportations vont automatiquement se réduirent (comme cela a été le cas récemment pour la France avec la montée de l'Euro face au dollar) : Avec une monnaie forte, les entreprises étrangères devront payer plus pour importer nos produits.

Or, l'exportation est également une composante forte de la croissance économique.


- Canal des cours d'actions
En règle général, une hausse des taux est mal apprécié par les marchés financiers. La liquidité étant plus difficile à obtenir (crédit plus cher), les porteurs d'actions vont avoir le réflexe de vendre leur actions (les actions restent toujours un titre liquide)pour justement obtenir de la liquidité. Ces ventes vont peser sur les cours et vont les faire chuter (loi de l'offre et la demande).
De plus, des taux plus élevés sont des charges financières plus contraignantes pour les entreprises. Ce contexte ne donne pas confiance aux investisseurs : ventes de titres.

Or, la baisse des cours créer un contexte défavorable pour les entreprises.


Les effets d'une hausse des taux sont donc concrets. La hausse des taux est très souvent utilisée pour calmer une activité en surchauffe, susceptible de créer de l'inflation. En calmant l'activité des ménages et des entreprises, les Banques Centrales souhaitent calmer la demande et ainsi calmer les prix.
Une hausse des taux d'intérêts directeurs est donc un acte principalement anti-inflationniste.


Depuis des mois, la tendance est évidemment largement à la baisse. Dans des économies en récession, les Banques Centrales souhaitent redynamiser les activités en accordant plus de crédit, pour favoriser l'investissement et la consommation.
La BCE a récemment baissé son taux principal taux directeur a 1,25% mais pourrait le réduire à 1% d'ici peu. La FED (Banque Centrale américaine) a depuis un moment opté pour une politique de taux zéro.
Dernière remarque : la gestion des taux d'intérêts directeur est faite pas les Banques Centrales. Les Etats ne sont donc pas décideurs à ce niveau là.